Subvenir à ses besoins de base en mode nomade
Pour subvenir à ses besoins de base comme la nourriture, un lieu sécuritaire pour dormir, se soigner, du bien être et avoir une belle qualité de vie il faut avoir avoir un moyen principal de répondre à ces besoins. Pour y arriver, de manière générale, nous allons travailler, ou comme on dit souvent, on doit « gagner » sa vie (curieux verbe quand on y pense), ce qui sous entend travailler pour avoir de l’argent en échange, soit un revenu satisfaisant (le mot satisfaisant est à développer car ce n’a pas le même niveau d’attente pour tous en occident et à travers le monde!)
J’ai décidé avec le temps de m’ouvrir à la multiplication d’alternatives pour vivre pleinement mon besoin de liberté et d’épanouissement. Je vais vous partager ça.
Je ne souhaite pas faire de leçon à personne, je ne juge pas les différents mode de vie. D’ailleurs je vous demanderais d’en faire autant à mon égard ! Je suis reconnaissante de pouvoir choisir ma vie avec facilité et de manière atypique. J’admet que ça ne soit pas possible de vivre tout le reste de ma vie de cette manière mais je savoure mon audace. Je ne minimise pas la complexité de la pauvreté qui existe et je comprends que ce que je fais n’est pas accessible à tous.tes. De nombreuses personnes se consacrent exclusivement au travail rémunéré pour assurer leur subsistance, et ce n’est pas toujours suffisant pour garantir une vie décente, notamment en raison des prix élevés des biens essentiels par rapport aux revenus.
Bref, on fait tous.tes de notre mieux pour vivre, prendre soin des siens et rester dans la joie.
Pour une mise en contexte
Je suis une femme de 54 ans, célibataire, sans enfants. Je suis née en France et je suis au Québec/Canada depuis 2010. J’ai une très bonne santé (je touche du bois!). Mon plus haut niveau d’étude scolaire est un DEC (BAC en France) en gestion commerciale (ça ne veut plus rien dire pour moi aujourd’hui!). Mon enfance ne fut pas toujours une partie de plaisir mais j’ai eu la chance de rencontrer des humains qui m’ont permis de trouver un certain équilibre mental. Nous n’avons jamais vécu dans l’abondance financière (c’est dur à dire qu’on était pauvre!). Nous avons habités quelques temps en roulotte/caravane (Je garde de très bons souvenir de cette période!) et nous avons déménagé souvent. Adulte j’ai parfois résisté à cet appel de bouger mais au final j’ai aussi vu du pays!



Je déteste ce que sous-entend cette question : Qu’est ce que tu fais dans la vie ?
Une chose qui m’a toujours frustrée et agacée c’est la fameuse question qui est souvent pour démarrer une conversation avec des inconnu.e.s : qu’est ce que tu fais dans la vie ? On sous-entend toujours d’expliquer, à celui ou celle qui pose la question, une quelconque activité professionnelle. D’après ce qu’on va répondre, on sera catalogué dans un type catégorie, avec peut être quelques préjugés au passage ! J’ai souvent envie de répondre que je fais de mon mieux pour être heureuse et pour être une bonne personne. J’ai plus envie de parler de ce qui m’anime sur le moment en réalité.
Je ne pense pas que notre activité professionnelle nous représente réellement. Nous travaillons pour avoir un salaire/revenue en échange… c’est généralement uniquement pour cette raison que nous le faisons. Certes, nous déployons de l’énergie et la motivation de le faire le mieux possible et obtenir la satisfaction personnelle de bien accomplir nos tâches et obtenir de la reconnaissance de la part de son employeur ou collègues au passage.
Dans mon cas, j’ai très rarement eu un travail qui me représentait en tant qu’être (sauf quand j’ai été chargée de projet pour des activités de glanage et tous les projets qui gravitaient autour de la sécurité alimentaire). Certes, j’ai eu des emplois où j’ai pu développer des compétences et des connaissances. J’ai toujours appris des choses et j’ai eu la chance d’avoir rencontrer des bons responsables/managers qui ont cru en moi (plus que moi parfois!). J’ai acquis de la confiance en moi et en mes capacités grâce à ce mélange et cela m’est utile dans ma vraie vie (personnelle).
Je suis sincèrement reconnaissante pour les personnes que j’ai rencontré dans ma vie professionnelle… même ceux.celles qui n’étaient pas chouettes (mot gentil pour ne pas sortir des mots d’oiseaux ou autre mots grossiers) car j’ai appris à m’affirmer et ne pas me laisser marcher sur les pieds ou être humiliée.
Qu’est ce qui est important au final dans ma vie ?
Donc en réalité, ce qui m’importe réellement, c’est ce qui m’anime dans la vie, mes forces et mes qualités qui me permettent d’évoluer et de grandir à chaque jour, de pouvoir suivre mes rêves et mes aspirations du moment.
Je ne dis pas que l’argent n’est pas important mais je vais expliquer comment je fonctionne actuellement. Je veux juste expliquer mon mode de vie en ce moment, comment je suis arrivée à ces conclusions et comment cela me rend remplie de joie.
Voici donc comment mon mode de vie s’est construit ces dernières années.
Historique et découverte du concept de simplicité volontaire ou sobriété heureuse
En 2011 (l’année de mes 40 ans), j’ai assistée à une conférence, organisée par le groupe de simplicité volontaire de Montréal. C’est la conjointe de Serge Mongeau qui l’animait. Sur le moment, je me rappelle très bien avoir trouvé le discours exagéré et peu réaliste…. sauf que j’ai cogité sur ce qui avait été dit. Je me suis mise à approfondir et à me renseigner davantage sur cette philosophie. J’ai participé à d’autres rencontres et j’ai échangé avec d’autres adeptes. J’ai parallèlement pris connaissance du concept de sobriété heureuse qui a été développé par Pierre Rabhi. L’idée étant de réduire notre consommation excessive et à trouver le bonheur dans des choses plus simples et plus durables.
Ces deux approches encouragent de se poser la question de ce qui nous rend vraiment heureux dans nos vies, en s’éloignant de l’accumulation de biens et de la course à la nouveauté. Elles mettent l’accent sur la relation à la nature et les moments passés avec notre entourage.
J’ai donc réalisé que je possédais trop de choses, que je devais vivre plus simplement et revoir une couple de choses dans ma vie !
C’est aussi dans cette période que j’ai pris plus d’engagements pour limiter mes déchets. Le mouvement « zéro déchet » était en pleine expansion au Québec à cet époque et le livre de Béa Johnson fut inspirant ainsi que plusieurs initiatives avec l’Association Québéquoise Zéro Déchet pour compléter ce que je souhaitais faire.
Les premiers gros changements
Mon cheminement m’emmène en 2015 (l’année où j’ai obtenu ma citoyenneté canadienne) à lâcher mon appartement, me débarrasser d’une grande partie de mes biens et bébelles en tout genre accumulées, de quitter ma job/mon travail à temps plein.
D’ailleurs, depuis cette période, je n’ai cessé de me repositionner pour TOUJOURS réduire mes possessions et revoir mon rapport au travail. De plus , je n’ai plus travaillé 40 heures par semaine, à longueur d’année, avec 2 ou 3 semaines de congés. Ce n’est plus le modèle que je me souhaite.
Début d’une nouvelle vie plus simple
Pour débuter ma « nouvelle vie », j’ai commencé en partant à la découverte de l’est du Canada avec ma Yaris. J’ai opté pour des séjours en woofing et en couchsurfing qui m’ont fait grandir de manière exponentielle. J’étais prête à passer à une vitesse supérieure et mes rencontres lors de ce road trip m’ont offert les occasions en or pour évoluer ! Je ne remercierai jamais assez les personnes que j’ai rencontré cette année là et qui m’ont fait cheminer : Diane, Mireille, Marion et Tony, Peter et Marga, etc.
À mon retour au Québec, j’ai proposé mes services en télétravail et j’ai opté pour des contrats ponctuels que j’ai trouvé en cognant aux portes d’employeurs qui m’intéressaient.
Pour me loger, j’ai fait du home sitting et du pet sitting ce qui m’assurait un habitat plus que convenable! Je suis restée 7 mois sur la même rue de Montréal avec 2 gardiennages dans 2 logements mitoyens. J’ai aussi fait de la colocation.
C’était le début d’une vie de nomade et d’aventures en tous genres.
Moins de charges, une vie plus simple et plus économe
Mon nomadisme et ma mobilité me permettent, certes, d’économiser sur le budget « logement » mais de vivre aussi un mode de vie qui me stimule. J’alterne les plaisirs entre gardiennage de maison, colocation/cohabitat, voyage/road trip, emploi saisonnier avec ou sans logement…
Qu’est que c’est cette histoire de gardiennage de maison (house sitting ou pet sitting) ?
Vous pouvez aller sur mon autre site qui s’appelle Espritranquille.magalymacia.com mais pour vous donner une idée de cet échange de service, voici ce qu’il en est : Le principe du gardiennage de maison souvent nommé en anglais house sitting ou pet sitting c’est de faire garder sa maison par une personne de confiance (en l’occurrence moi !) lors d’un départ en voyage.
Pour une semaine seulement ou jusqu’à plusieurs mois, la gardienne ou le sitter (en l’occurrence encore moi !), s’occupe des animaux, du jardin et du bon entretien de la maison en échange du logement. Rassurés, les hôtes peuvent partir l’esprit tranquille tout en sachant qu’ils retrouveront leur logis bien entretenu et leurs animaux en pleine santé à leur retour.
Est-ce que c’est facile tous les jours ce mode de vie nomade ?
Ben non ! Je suis toujours à devoir trouver des solutions ou des plans, à m’adapter à des lieux et fonctionnements différents, à vivre une certaine précarité. En même temps je me sens vivante de ne pas me laisser porter par une vie sans surprise.
J’ai du matériel pour vivre « dans mes choses » mais ce n’est pas aussi encombrant comme une maison ! J’ai toujours de la chance de trouver un lieu pour les entreposer quand je ne les utilise pas. J’ai par exemple un peu de vaisselles et autres bébelles que j’affectionne ou qui est « passe partout ». Ça me permet d’avoir mes marques, quelque soit l’habitat où je suis. Et oui, pour moi c’est important (agréable!) d’avoir ma jolie tasse, mes couverts (ustensiles) en bois, mes poêles que ma tante m’a offert, ma couverte…
Je possède aussi de quoi vivre dans mon van (ma denise!) lors de déplacement. Comme j’aime être dans mon van ! Je vous assure qu’à chaque fois que je suis dans la partie aménagée, je suis remplie d’une joie toute particulière.
Je fais aussi des choix de moins magasiner, d’acheter en seconde main, de ne pas aller souvent au restaurants. Et puis comme je n’ai pas de place, nombre de biens ne sont pas possibles à engranger. Mes besoins ont vraiment baissé mais je ne fais rien qui me demande des sacrifices ! Au contraire, cette légèreté me libère ! Et puis, quand j’ai des besoins spécifiques, je peux aussi me faire prêter du matériel. Je fonctionne beaucoup par échange de services aussi.
Les emplois rémunérés
Au niveau des emplois rémunérés, je privilégie des opportunités saisonnières. J’aime vivre cette saisonnalité, j’ai la sensation que c’est un rythme qui me convient ! L’ennuie ne s’installe pas, j’apprends toujours de nouvelles choses et je retrouve le plaisir à ce que ça soit ponctuel. Je n’ai pas un métier de prédilection. Je suis multi tâches et très polyvalente. J’aime aussi relever des nouveaux défis.
Alors voici quelques exemples de jobs que j’ai fais ces dernières années : cuisinière et serveuse dans un hébergement touristique, chargée de projet spécialisée dans le glanage, chargée de mise en place d’un forum citoyen autour de l’alimentation, assistante commerciale et marketing, vendeuse de pommes, vendeuse de produits issue de la récolte sauvage, gestionnaire de contenu et médias sociaux, artisane d’une petite économie circulaire pour un mode de vie zéro déchet- confection de différents items avec du tissus recyclés (galymac), ouvrière dans un vignoble, conférencière, aide pour un atelier de bulles de savon, vendeuse de poutine dans un marché de noel en France…
J’ai vraiment des offres fascinantes et atypiques. Par exemple en 2025, je suis partie au Nunavik pour garder des enfants pendant 9 semaines. Si vous avez l’envie de lire ma prose c’est ici que vous trouverez mon expérience. Ce fut un privilège que d’aller sur ce territoire et d’être en plus rémunéré!
Une gestion du budget à l’année
Je gère mon budget à l’année ce qui me permet de vivre convenablement même si je ne « travaille » pas pour de l’argent pendant certaines périodes. Mon mode de vie simple offre cet équilibre financier. Ça ne veut pas dire que « je ne fais rien » et que je reste les doigts de pieds en éventail ! Je reste active, ouverte sur le monde, prête à partager et soutenir tout en privilégiant des moments de qualités seule ou avec les autres. Je trouve (ou on m’offre aussi…j’adore quand ça vient à moi !) des emplois pour la période plus creuse. J’ai même la chance de choisir d’accepter ou refuser, sans pression!
Je me rappelle que lorsque je travaillais à temps plein, j’avais du stresse de ne pas faire mes 40 heures. Aujourd’hui, mon système de fonctionnement m’a enlevé cette pression. Aussi incroyable que cela puisse être, je suis plus riche car j’arrive à épargner (et même plus que quand je travaillais à temps plein !) ! Je suis aussi moins en pression par rapport à mes employeurs. Si je ne suis pas confortable, je ne crains pas de dire ce que je pense. Je n’ai plus cette sensation d’avoir peur de perdre mon emploi. Si on ne m’accepte pas dans mon entièreté, je ne crains pas pour mes engagements financiers.
Donc je ne manque de rien, je me nourris bien, je n’ai pas de crédit, j’ai une vie sociale très riche, stimulante et variée, j’apprends tout le temps que ce soit en augmentant ma culture générale mais aussi sur moi-même, je prends le temps d’avoir des moments de qualité avec ceux que je fréquente, je rayonne et je me sens choyée de vivre ma drôle de vie
Promouvoir l’échange de services
Tout ne devrait pas être monnayable. Les échanges de services apportent des expériences de vie très enrichissantes et je trouve que je suis toujours gagnante! Cela fait longtemps que je suis une adepte de ce fonctionnement et j’en ressort toujours plus que gagnante!
Qu’est ce qu’on peut échanger ?
- Des cours ou du soutien informatique contre de la nourriture
- Garder une maison avec ou sans animaux
- Donner un coup de main pour désencombrer sa maison
- Offrir quelques heures à des artistes ou des projets communautaires ou des causes environnementales
Il y a des sites qui permettent aussi de faire officiellement des échanges comme l’accorderie, des groupes de troc et d’échange de services. Mais on peut très bien faire ça avec sa communauté proche, sa famille, ses voisins…
Conclusion
Alors la prochaine que vous êtes tentés de poser la question « qu’est ce que tu fais dans la vie? » optez pour une autre formulation et demandez par exemple « qu’est ce qui t’anime actuellement ? »Avez-vous d’autres suggestions ? Parce que moi, je ne sais pas donner une réponse simple!
Voici une autre prose au sujet du fait de vivre heureux avec moins.
Merci à tous ceux et celles qui me soutiennent dans ce mode de vie, qui m’inspirent à me dépasser et vivre d’autres aventures humaines. C’est une danse que nous faisons ensemble !
Et pour finir, voici un diaporama de quelques jobs que j’ai eu au cours des ces dernières années de nomadisme.














