Ivujivik, le village le plus au nord du Québec

Ivujivik, le village le plus au nord du Québec

Une occasion unique (encore une !) s’est offerte à moi en allant passer une semaine à Ivujivik (Nunavik). La femme médecin pour qui je travaille comme nanny (nounou), y va de temps en temps pour la permanence mensuelle au CLSC du village.

Le village d’Ivujivik

Le village d’Ivujivik qui compte environ 400 habitants est le plus septentrional (le plus au nord) du Québec. Il est approximativement 2 000 kilomètres de Montréal et il est situé sur une petite crique de sable entre des falaises qui tombent à pic dans la mer. Le terme « Ivujivik » signifie : lieu où l’on est pris par les glaces qui dérivent. Ce nom a été donné à cet endroit puisque de forts courants poussent des glaces qui s’accumulent à proximité du village.

Habité depuis près de 3000 ans, Ivujivik a d’abord été un campement saisonnier pour les Inuits. De nombreux mouvements migratoires vers les côtes de la baie d’Hudson seraient notamment partis de cet endroit. Une première mission catholique est réalisée en 1938, mais c’est à partir de 1947 que des Inuits vont commencer à s’établir de manière permanente à l’avant-poste créé à Ivujivik.

Aucun lien ne permet au village d’être relié au réseau routier québécois comme c’est le cas d’ailleurs pour tous les villages du Nunavik. Donc on y vient en avion. Sur place ceux sont les quatre roues, motoneiges et quelques voitures qui permettent de circuler.

Douceur et sourires

Une semaine ça passe vite, surtout avec les enfants à charge mais que j’ai aimé ce village!

  • Le paysage a changé en cours de semaine puisque la neige est enfin tombée. J’ai pu voir ainsi le sol avant d’être recouvert de neige et la métamorphose après son arrivée.
  • L’accès à la nature y facile ; le village étant petit, on est vite en dehors. Des promenades matinales, avant le depart au travail d’Isabelle, m’ont permises d’explorer en tout quiétude, de prendre du temps pour moi et d’y apprécier le silence des lieux.
    Le paysage est un peu montagneux donnant ainsi des perspectives différentes. En étant au bord de l’eau cela me rejoignait d’autant plus.
    L’immensité de cette nature et le fait d’être autant au nord m’ont donné un peu l’impression d’être sur un territoire pur. L’eau y est d’une clarté saisissante.
    Je n’ai pas vu d’animaux sauvages mais j’ai vu des méduses lune sur la plage (de toute beauté). Les chiens errants sont légions et leur hurlement est toujours très troublants (c’est la même chose a Puvirnituq)
  • J’ai eu énorme coup de coeur avec les enfants du village. Ils adorent venir vers les deux que je garde. Ils veulent savoir leur nom, si ceux sont mes enfants, communiquer avec eux et voudraient leur parler en français, voir les inviter à participer à leur jeux. Leurs sourires et leur manière d’être étaient franchement un bonheur à l’état pur. Je n’ai pas pu/oser/penser à les prendre en photos mais leur image restera gravée en moi!
  • Les adultes sont aussi toujours souriants et serviables. J’aime leur façon d’être attentif aux autres.
  • La petitesse du village offre de l’intimité. L’ambiance générale y est très plaisante et trés douce à la différence de Puvirnituq si je veux comparer.
  • Je suis allée un peu au toupet à la garderie pour y passer un peu de temps avec d’autres enfants. Je n’ai pas pu y rester longtemps car on m’a dit que je perturbais le groupe car on ne parlait pas Inuktitut. Mais ce que j’ai pu prendre comme interaction m’a plu et les enfants ont eu aussi du plaisir.
  • Beaucoup de reflexions se bousculent dans ma tete (pas uniquement du fait que je sois passée dans ce village mais plutôt liées à mon séjour au Nunavik de manière globale)… C’est très stimulant de pouvoir se repositionner sur le simplicité de la vie, sur l’incroyable facilité d’accès à la nourriture et les produits de bases qui me correspondent et que j’ai droit dans mon quotidien normalement, tous les différents biens dont on ressent le besoin d’avoir et d’acheter si facilement. C’est tout un autre monde qui se vit ici et en même temps je ne manque de rien fondamentalement.

Cocasserie : j’adore aller à l’aéroport à pied! Et que dire du changement d’heure sur le tableau effaçable… Des moments que je ne vivrais pas souvent !

La suite

Retour à Puvirnituq après cette belle semaine. Je ne devrais plus bouger jusqu’à la fin de mon mandat mais je continue mes explorations ! J’adore vivre ces moments.

Je vis aussi beaucoup de merveilleux et chaleureux moments avec les deux petites crevettes dont je prends soin… Même s’ils sont tannants par moment comme tous les enfants du monde!

Les photos

Pour voir mon album de photos de mon séjour au Nunavik au complet, voici le lien : https://photos.app.goo.gl/Nbv9Q68cGVC2qjpR8 J’y ai ajouté des légendes parfois !

Un peu de musique

Voici une chanson d’un Qallunaat (non inuit). L’album “L’écho d’un silence” du groupe  » berceuse de fer » raconte la vie de ceux qui tiennent debout, loin, mais ensemble. Des chansons forgées dans le froid, portées par la chaleur humaine.

Voici la chanson nakurmik qui se traduit par merci

ᒪᒐᓕ la nomade

6 réflexions sur « Ivujivik, le village le plus au nord du Québec »

  1. Merci Merci Magaly! Tes photos sont magnifiques. Me rappellent ma visite à Kuujjuaq. Il ne serait pas difficile d’en extraire une belle exposition. Euh… oui… difficile car il y en a beaucoup de très bonnes. .. et on ne pourrait pas toutes les mettre….
    Merci de nous partager ta capacité d’émerveillement!

  2. Merci Mag pour ce beau texte. Tu as une belle écriture.
    Merci aussi pour la belle musique.
    J’espère que l’arrivée de l’hiver et de la neige ne sera pas trop difficile à vivre.
    Je t’embrasse.
    Jeannette

  3. Coucou ma belle globe-trotteuse !
    Que tu es loin ! J’adore la façon dont tu nous fais découvrir ce pays si vaste, tout de blanc et de bleu.
    Ton message est magnifique — tu racontes avec une telle sensibilité qu’on a presque l’impression d’y être : sentir le froid, la neige, croiser ces enfants si attachants… et tes photos nous mettent dans l’ambiance, la vidéo aussi, belle trouvaille.
    Revenir à l’essentiel n’a sans doute rien d’évident dans une région où la modernité se mêle aux traditions, entre immensité et rigueur du climat. J’espère que tu ne te perds pas trop en réflexions, et que tu accueilles, avec la délicatesse qui te ressemble tant, tout ce que cette expérience t’apporte.
    Comment ne pas envier ta liberté ?
    Je t’embrasse très fort, et j’ai hâte de lire la suite de ton aventure.
    Val

  4. Avec un certain décalage dans le temps, je trouve ta chronique fantastique.
    Je t’envie tellement mais je comprends que je suis choyée de t’avoir comme l’émissaire qui me fait découvrir ce que je ne verrai peut être pas.
    Et la vidéo me donne la chair de poule, tellement sensible et ouvert sur ce monde?
    C’est de la nourriture fabuleuse pour l’âme!
    GRATITUDE!

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