Nakurmiik ᓇᑯᕐᒦ (merci) pour cette aventure au Nunavik

Nakurmiik ᓇᑯᕐᒦ (merci) pour cette aventure au Nunavik

Et voilà, j’ai terminé mon aventure de 9 semaines dans le grand nord du Québec. Je suis partie juste avant le jour de l’hiver. Les températures devenaient de plus en plus froides (max -20 C avec un ressenti autour des -26 C) mais j’avais tout l’équipement nécessaire pour passer au travers. En réalité, l’air y étant sec, le froid probablement plus supportable que certains jours à Montréal ! Et curieusement je vois des journées où il fait plus chaud à Puvirnituq qu’à Montréal!

Je suis heureuse d’avoir eu la chance et le privilège de vivre quelques temps sur ce coin de la terre. J’aurais aimé entrer davantage en contact avec les inuit mais je pense avoir fait mon possible. Ce n’est pas facile de s’intégrer et tisser des liens mais j’ai eu droit à de belles connexions.

Cette aventure restera gravée en moi. Je vais prendre le temps de digérer et d’intégrer tout ce que j’ai vu, appris et vécu. J’ai encore appris sur le monde, sur moi. J’en sors grandie.

Je suis reconnaissante à Isabelle L. qui m’a fait confiance en me proposant cette collaboration de prendre soin de sa famille et qui m’a offert cette opportunité unique de connaitre ce territoire. Merci à ses belles petites crevettes qui m’ont adoptées et aimées dans leur quotidien.

Je vais faire un dossier spécial où je poserai les informations générales que j’ai pu observé ou de part mes recherches. (À suivre!)

La légende de centaines de mots pour dire NEIGE en inuttitut

Bon ben je suis désolée de vous dire ça mais il n’y a pas des centaines de mots pour dire ❄️NEIGE chez les Inuit contrairement à la légende, pourtant ils ont quelques nuances que je trouve beau de souligner :

  • ❄️Qanik : la neige qui tombe
  • ❄️Aputi : la neige au sol
  • ❄️Aniu : la neige propre qu’on fait fondre pour avoir de l’eau
  • ❄️Pukak : la neige cristallisée qui s’effrite
  • ❄️Masak : la neige mouillée qui tombe
  • ❄️Matsaaq : la neige mouillée au sol

C’est beau non ?

Et puis à cette poésie s’ajoute une conception très libre du temps, qui s’organise simplement autour d’autres éléments que celles dont nous avons l’habitude. En voici un exemple avec les noms de mois. La durée de nos mois délimitée par un nombre de jours précis, par exemple, est plutôt déterminée par le comportement des animaux :

  • Septembre (amiraijaut) : Moment où le panache perd son velours,
  • Octobre (arnalirnguutivik) : Moment où les mâles sont en compétition pour les femelles,
  • Novembre (natjuijarvik) : Moment où les caribous perdent leur bois.

J’ai trouvé ces informations via la revue Beside #9 dans l’article de Juliana Léveillé-Trudel

Fait inusité sur la santé

Voici un petit livre instructif sur les premiers soins traditionnels Inuits qui est destiné au personnel médical. Je trouve ça fascinant les différentes manières de se soigner selon son environnement. Voici juste quelques extraits et je vous mets au défi d’attacher un pou à un fil!

La vie des inuit

Ici, la construction, c’est partout.

L’impression aux yeux du visiteur est qu’il y a beaucoup de constructions ! Plusieurs facteurs expliquent une telle effervescence. Mais le plus important est la démographie.

Les indicateurs démographiques « au Sud » du Québec sont autour des constats généraux suivants :

  • Les ménages sont de plus en plus petits.
  • Il y a de moins en moins d’enfants par famille.
  • Et la population vieillit.

Au Nunavik, c’est absolument le contraire. Voici quelques chiffres :

  • Le taux de fécondité est le double du Sud
  • Taux de croissance annuelle de la population d’ici 2041 : +23 %
  • 26% des ménages comptent 5 personnes ou + (Au Sud du Québec, c’est 6%)
  • 60% de la population a moins de 18 ans !

Comme ce fut le cas au Sud du Québec dans les Années 60, il faut tout construire, tout agrandir. Et vite ! Alors voilà pourquoi on construit beaucoup au Nunavik.

Propriétaire ou pas ?

90% du parc immobilier du Nunavik appartient à l’office d’habitation du Nunavik, qui offre des logements à prix modique pour les inuit seulement (Et le prix peut varié en fonction des revenus). Les logements sont surpeuplés et régulièrement il peut y avoir deux familles dans un 4 1/2 (de toute manière c’est plus rare d’avoir des logements plus grands). C’est Makivik (gouvernement inuit) qui construit les logements. Aucun Qallunaat (mot inuit pour parler des blancs) ne peut acheter des terrains au Nunavik pour construire. Louer le terrain est impensable, ça coûterait trop cher par année (environ 700k juste pour la location de terrain!).  Certains inuit se construisent mais c’est rare et puis ça serait trop cher à entretenir.

Le 10% restant des bâtiments résidentiels appartiennent principalement à la commission scolaire et à l’hôpital. 

Pour se donner un ordre d’idée des coûts : quand vous pensez à un montant, multipliez le par 4 pour avoir le montant que cela coûte au nord !

Énergies

Il est paradoxal de constater que, bien que les grands complexes hydroélectriques se trouvent au nord du 49e parallèle, certaines régions, comme le Nunavik, n’ont pas accès aux énergies renouvelables. Les 14 communautés du Nunavik, comme d’autres régions isolées du Québec, consomment
exclusivement de l’électricité provenant de centrales fonctionnant au diesel ; le chauffage des locaux et de l’eau s’effectue grâce à un système au mazout.

On est vraiment sur des mondes différents tout en étant dans la même province!

Sources diverses dont celles de Guillaume Lavoie et du MOOC Le Québec nordique: enjeux, espaces et cultures

Les photos

Pour voir mon album de photos de mon séjour au Nunavik au complet, voici le lien : https://photos.app.goo.gl/Nbv9Q68cGVC2qjpR8 J’y ai ajouté des légendes parfois !

Si vous avez envie d’en savoir plus sur le Nunavik

Documentaire Mon village au Nunavik

Ce documentaire propose un regard sans nostalgie, tourné vers le monde, d’un jeune Inuk amoureux de son village au Nunavik. Bobby Kenuajuak a 23 ans. Il habite le village de #Puvirnituq, situé sur les rives de la baie d’Hudson au Nord du Québec.
Le temps de trois saisons, Bobby dirige sa caméra sur ce qui fonde l’âme de son peuple: son espace, son humour, son histoire. Il refuse d’abdiquer la culture des anciens mais apprécie les avantages des incursions des gens du Sud dans le Nord.
De Puvirnituq à Akulivik en passant par Maniitouk et Qikisitarvik, les bernaches font se retourner les têtes, la mer est gorgée de poissons, la toundra s’étend à perte de vue

Lien vers le documentaire

MOOC sur le Québec nordique

Voici une formation fort enrichissante proposée par l’université Laval : Le Québec nordique: enjeux, espaces et cultures. Prochaine session Du 2 févr. au 3 avr. 2026 -Inscription jusqu’au 6 mars 2026

Ce MOOC est une initiative de l’Institut nordique du Québec (INQ) dont les trois universités fondatrices sont l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), l’Université Laval et l’Université McGill.

Il propose une introduction aux enjeux sociopolitiques du Nord du Québec, territoire ancestral de plusieurs nations autochtones. Il permettra de mieux comprendre les cultures des populations nordiques, la place de cet espace dans l’imaginaire collectif, les différentes visions de développement de ce territoire et son évolution sociopolitique.

Qu’est-ce qu’un MOOC?

Aussi appelé Formation en ligne ouverte à tous, le MOOC (massive open online course) est une formation à distance de niveau universitaire gratuite, mais non créditée.

4 réflexions sur « Nakurmiik ᓇᑯᕐᒦ (merci) pour cette aventure au Nunavik »

  1. J’aime toujours lire sur ce coin inaccessible du Québec. Peu de gens racontent une telle expérience du Grand Nord car peu ont la chance de le vivre.

    1. je me sens vraiment privilégié d’y être allée effectivement !
      Et moi j’ai toujours beaucoup de plaisir de te lire et voir tes photos de tes pérégrinations incroyables! Merci

  2. Sacré aventure! C’est très chouette d’avoir toutes ces infos sur cette région du monde en même temps que ton propre regard. Tu es insatiable de curiosité et d’envie d’apprendre. Bravo pour tes efforts d’intégration et ta manière sincère de raconter, sans enjoliver : Neuf semaines n’auront certes pas suffi à te faire adopter par ce peuple, mais tu sais néanmoins en retenir l’essentiel et en préserver le positif.
    C’est mignon ta broderie, tu es douée!
    Et maintenant quel vent vas-tu chevaucher et où te mènera t-il ?
    Je t’embrasse très fort ma belle globe trotteuse, conteuse du monde.
    Val

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